Le 4 avril dernier au cinéma SEL à Sèvres, exploitants, distributeurs et autres acteurs de l’industrie cinématographique se sont réunis pour échanger autour de la salle de cinéma et du digital. Cette journée a également été l’occasion de découvrir deux nouveaux films français : Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac (StudioCanal) ainsi que Victor et Célia présenté par le réalisateur Pierre Jolivet et l’acteur Arthur Dupont (Apollo Films).

La table ronde, articulée autour de la question « Comment le digital peut-il s’adapter à la salle de cinéma ? » et modérée par Joséphine Létang (LA TOILE VOD) a permis à six invités de partager leurs idées et expériences : Catherine Verliac (à la tête du service du contrôle des résultats d’exploitations CNC), Stéphane Libs (co-président SCARE), Christelle Degut (chargée du Tour de France digital au SCARE), Priscilla Schneider (Directrice du CinéMistral de Frontignan), Thierry Delpit (Directeur de Cinégo) et Julien Moreau (Presse/Marketing Apollo Films).

Un outil nécessaire et efficace

Alors que le « digital » est une notion qui a tendance à inquiéter les exploitants, nos invités se sont accordés pour dire qu’il est un outil nécessaire et accessible une fois les bases acquises. Stephan Libs affirme qu’aujourd’hui « il faut sans cesse créer chez les spectateurs le désir de sortir de chez soi». La généralisation des réseaux sociaux en fait des canaux de communication incontournables pour dialoguer avec le public. Loin de se substituer à la communication physique des cinémas, le digital est un outil complémentaire permettant de cibler un éventail plus large de spectateurs et « d’incarner le visage de leur cinéma » selon Thierry Delpit. Alors que les spectateurs sont de plus en plus en demande de proximité, les exploitants ont l’opportunité de réaffirmer leur place au cœur des villes à travers leur communication digitale. En plus d’être primordial, le digital se révèle être efficace. Priscilla Schneider, déclare avoir remarqué une différence de fréquentation notable depuis qu’elle utilise les réseaux sociaux de manière régulière.

De la formation à un accompagnement personnalisé

Nos intervenants se sont également interrogés sur l’accessibilité du digital. Les exploitants n’ont pas toujours les compétences et le temps nécessaires pour s’investir pleinement. Pourtant, comme le souligne Priscilla Schneider l’usage des réseaux sociaux doit être régulier, différencié en fonction des médias mais surtout professionnalisé. Suite à une enquête menée par le GPCI auprès de ses salles adhérentes, la majorité des sondées déclare être inscrite sur des réseaux sociaux (Facebook principalement) mais les utilise essentiellement comme une vitrine de programmation, peu alimentée et sans réelle ligne éditoriale. Pour pallier l’inégalité des compétences, le CNC et le SCARE ont récemment proposé le « Tour de France Digital », une journée de formation à la communication digitale à destination des exploitants.

À partir de l’enquête menée au sein du GPCI, il apparaît que 50% des sondés ressentent le besoin d’un accompagnement pour développer leur stratégie digitale. C’est pourquoi nous avons décidé de créer « GPCI Conseil », un service personnalisé ouvert à toutes les salles de cinéma souhaitant être aidées et suivies dans la mise en place d’une véritable stratégie de communication physique et digitale. Les salles ont besoin de s’approprier les outils, de créer des liens avec les spectateurs, d’affirmer leur identité et leur singularité puisqu’elles sont un lieu de vie avant tout et c’est un visage humain qu’il faut leur redonner.